Street photography now

Je serai le 18 septembre à Londres pour la présentation à la Photographers’gallery du livre édité par Thames & Hudson, Street photography now. Ce gros ouvrage collectif est du à l’initiative de Sophie Howarth et Stephen McLaren —qui est lui-même photographe. Les deux auteurs ont choisi 49 photographes du monde entier, des connus* et des moins connus, offrant à chacun quatre pages pour décliner leur approche personnelle de la street photography —je préfère le terme anglais à quelque traduction que ce soit, ni photographie de rue, ni photographie instantanée ne trouvant grâce à mes yeux. Dans son texte de présentation, l’éditeur parle de « photographies faites dans l’espace public ». Quatre essais accompagnent cette sélection de 300 images.

J’ai en fait reçu l’année dernière un e-mail m’invitant à participer à cet ouvrage  après que Sophie et Stephen eussent découvert mon travail sur la Chine, et notamment les scènes urbaines de Voyage au pays du Réel qu’ils ont particulièrement appréciées.

Je suis d’autant plus heureux de me retrouver parmi des photographes qui ont pour la plupart une approche plus exclusive que moi de la Street photography qu’il s’agit d’une démarche photographique que je n’ai jamais reniée — même pendant mes années strictement “paysage“ — et dont je suis en fait issu. Mes premiers vrais travaux photographiques ont Londres pour cadre, et particulièrement l’East End dont j’arpentai, à la fin des années 70, les rues froides et ventées sur les traces de Robert Frank et du cinéaste Alain Resnais —dont le livre de photographies Repérages**, qui comporte plusieurs photos prises à Londres, m’avait alors profondément influencé (on peut lire ici une intéressante analyse de cet ouvrage oublié).

Et lorsque, à l’été 83, je suis parti plusieurs semaines à Londres et au Pays de Galles, c’est à l’aune de mes deux influences principales, britannique et américaine (Tony Ray-Jones d’un côté, Friedlander de l’autre) que s’est construit ce projet qui me vaudra notamment d’obtenir le prix Nièpce l’année suivante —ce sont d’ailleurs quatre de ces photographies qui seront présentées au mois de novembre au musée du Montparnasse à Paris dans le cadre d’une rétrospective du prix Nièpce, dont nous reparlerons ultérieurement … Ainsi que de ces early years londoniennes.

Et c’est au Japon, en faisant La Route du Tôkaidô que j’ai retrouvé le fil perdu de ma street photography, renouant par là-même avec ce qui avait fondé mon rapport au monde à travers la photographie, et trouvant l’équilibre que je cherchais entre un travail strict sur le paysage et des situations (y compris les portraits) que je souhaitais réinstaller à part entière sur le devant de ma scène photographique. Situations urbaines, c’est peut-être le terme le plus approprié pour cerner mon rapport à la street photography.

Une version française du livre —designé par Johanna Neurath—, et intitulée également Street photography now (les éditeurs ont eux-mêmes renoncé à la traduction) sera disponible début octobre, toujours chez Thames & Hudson (couverture ci–dessous).

* Christophe Agou  • Bruce Gilden • Martin Kollar • Joel Meyerowitz • Trent Parke • Martin Parr • Gus Powell • Alexey Titarenko • Lars Tunbjörk • Alex Webb • Michael Wolf etc.

** Alain Resnais, Repérages, éditions du Chêne, Paris 1974.

Street Photography Now

Sophie Howarth &
Stephen McLaren

Volume relié, sous jaquette
27 x 24 cm
240 pages
plus de 300 photographies
ISBN : 978-2-87811-360-0
34,95 €

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