Expos d’été et à venir

Les vraies nouveautés auront lieu cet automne : on peut déjà prendre date pour l’exposition À l’entour des êtres qui réunira mes deux récents projets sur Shanghai, The Last Station et Women in Shanghai, exposition qui se tiendra à la fois à la galerie de l’artothèque de Vitré et à l’institut Confucius de Bretagne à Rennes (13-14 octobre). Une première série de Women in Shanghai a été présentée en mai à Pékin lors du Caochangdi Photo Spring Festival.

Un peu plus tard, le 19 novembre, sera présenté à la chapelle Jeanne d’Arc de Thouars —là où est présentée tout cet été une belle installation de Daniel Buren— un travail en cours de réalisation sur des paysages du Thouarsais, avec une approche esthétique renvoyant à l’Histoire de la représentation du paysage dans la peinture classique et moderne.

Juste après, le 24 novembre, vernissage à Tokyo du travail que j’aurai réalisé au cours d’une résidence à venir de mi-août à mi-septembre, résidence qui m’amènera notamment à travailler dans le Tohoku au Nord du Japon.

Mais en attendant, on peut aller à Amiens admirer la Tour Perret et visiter les hortillonnages ; et, en passant, s’arrêter à la Maison de la Culture où est présentée jusqu’au 20 octobre l’exposition Documents-Terre, conçue par Paul Kanitzer qui fut l’un des premiers à m’exposer dans les années 80, alors qu’il était directeur de l’Amc à Mulhouse —structure qui fut la préfiguration de la Filature. Cette exposition d’Amiens réunit treize photographes parmi lesquels figurent Gilbert Fastenaekens, Thibaut Cuisset, Jean-Louis Hess ou Richard Petit —avec une belle série sur la montagne blessée par l’économie et l’architecture touristiques. Je montre pour ma part cinq grands tirages de Chine (Voyage au pays du Réel) et trois grands tirages d’Un Hiver d’oise. Symboliquement, cela m’amuse de présenter à Amiens dans la Somme, un tout petit extrait de ce travail qui est toujours non grata dans le département frontalier de l’Oise… En espérant que les choses puissent se débloquer un jour… l’année prochaine ?

Un Hiver d’oise © Thierry Girard 2009 

On peut aussi aller faire un tour à Honfleur où j’expose, dans le cadre des 15 èmes Chroniques nomades organisées par Claude Geiss, un travail inédit en France —il a été exposé au Maroc dans le réseau des instituts français, et à l’institut français de Bratislava ! Soit une vingtaine d’images extraites de trois marches photographiques effectuées le long du littoral atlantique marocain… En 1996 ! Très beaux tirages noir et blanc que j’ai beaucoup de plaisir à revoir et à montrer, même si l’éclairage du Grenier à sel n’est pas du tout à la hauteur (ou peut-être trop en hauteur justement pour chasser l’impression d’obscurité…). Pour ceux qui ne peuvent pas aller à Honfleur, ces tirages pourront être consultés après l’exposition à la galerie Les Douches.


Une équipée de cinq jours depuis Mirleft au nord de Sidi Ifni jusqu’à l’embouchure de l’oued Draa au nord de Tan-Tan. Novembre 1996 © Thierry Girard.

Une équipée de dix jours depuis le cap Bedouzza au nord de Safi jusqu’au cap Ghir au nord d’Agadir. Avril 1996 © Thierry Girard.

Voici quelques extraits du texte que Jean-Christian Fleury a écrit pour cette exposition : « Pour Thierry Girard, la marche est d’abord confrontation physique et communion avec l’environnement. Elle permet « cette perception aiguë des choses, ce mélange de détachement et d’attention qui ouvre à toutes les sensations et à un sentiment profond de la nature ». Mais elle est aussi confrontation de la nature avec la culture à travers laquelle nous la percevons. Grâce à la marche, il peut vérifier la réalité physique des limites conçues par les hommes, des frontières culturelles ou géographiques, satisfaire ce qu’il nomme son « tropisme des lisières », son « inquiétude des seuils ». Cette exposition réunit les équipées qu’il fit en 1996, le long de la côte marocaine. Elle tente de cerner le « sentiment atlantique » éprouvé par le photographe dans son enfance et revécu en parcourant ces « bouts du monde ». La côte du Maroc est cette extrémité de l’Afrique du Nord où s’achevèrent les vagues migratoires, culturelles et religieuses venues de l’Est, butant contre ce mur de l’océan qui bornait alors le monde connu, avant qu’il ne devienne, à l’inverse, la voie ouverte vers les terres nouvelles. A travers une série de marches de cinq à dix jours, Thierry Girard nous plonge dans un no man’s land où alternent les caps, les falaises abruptes, les chaos rocheux, où les vagues du Sahara viennent se briser sur celles de la mer ; des paysages minéraux, tantôt minimalistes, tantôt surchargés de fines ciselures, qui nous renvoient aux origines du monde».


Une équipée de dix jours le long de la côte, depuis le cap Bedouzza au nord de Safi jusqu’au cap Ghir au nord d’Agadir. Avril 1996 © Thierry Girard.

Parmi les expositions présentées à Honfleur, se distingue particulièrement celle consacrée à Herbert Ponting, un photographe anglais qui accompagna l’expédition de Scott dans l’Antarctique en 1912 et qui en revint vivant —au contraire des cinq membres de l’expédition partis pour le pôle Sud et pour un voyage sans retour.  Photos magnifiques, au niveau des plus grands photographes de l’époque, portraits de facture très moderne, un côté pré-Sander ; et des tirages somptueux, impressions numériques au platine réalisées par l’atelier Salto en Belgique.

Et puis, pour être complet, quelques images ici et là ; à Béthune par exemple, avec la présentation de la collection du Crp dans le cadre de Béthune-2011-capitale-régionale-de-la-culture ; à Londres aussi, avec la présentation dans le cadre du London Street Photography Festival d’une sélection d’images issues du livre Street Photography Now (Thames & Hudson) dont une version softcover vient d’être éditée après que la version hardcover anglaise eut été épuisée. Sans oublier quelques autres paysages  « atlantiques », plus récents et en couleur, accrochés dans les galeries de mon encadreur (Art Image) à Limoges et à Angoulême.

 Île de Ré, janvier 2003 © Thierry Girard

Bibliographie :

Un Sentiment atlantique (Au Maroc) : Photographies et textes de Thierry Girard, Institut français de Casablanca, 1997.

Publicités

About this entry