Du Seuil du printemps au cœur de l’été

Du côté des expositions

Est-ce la situation en plein cœur de Bordeaux, la gratuité des lieux ou le succès croissant du Festival Itinéraires des photographes voyageurs qui fête cette année sa 24e édition grâce aux bons soins de Nathalie Lamire-Fabre et Vincent Bengold ? Toujours est-il que mon exposition sur le Tohoku après le tsunami —où j’ai pu réunir pour la première fois le travail d’août 2011 et celui de novembre 2012— a battu des records d’affluence : en un mois, près de 12 000 personnes se sont précipitées, ruées, sont passées voir les 40 photographies accrochées dans la salle capitulaire de la cour Mably où était également exposé le délicat travail de Julie Bourges, Umbra.

Toute modestie mise à part, il se peut aussi que le sujet (et son traitement…) ait suscité un intérêt particulier, au-delà de ce que nous espérions. C’est d’autant plus rassurant que je me suis heurté à un certain nombre de résistances ici ou là pour présenter ce travail, résistances sans doute dues au fait que la catastrophe du 11 mars 2011 soit d’abord assimilée à l’accident nucléaire de Fukushima, ce qui entraîne de la part des édiles (ou de ceux qui les représentent), quelle que soit leur obédience politique, une “gêne“ certaine…. Alors que mon travail traite essentiellement des conséquences du tsunami sur le paysage du Nord du Japon, et non pas des conséquences de l’accident nucléaire. Si je peux rassurer mes interlocuteurs institutionnels, la troisième “saison“ de la série Après le fracas et le silence devrait concerner directement la zone interdite de Fukushima, et là au moins les choses seront plus claires en termes de : « Oui, votre travail c’est très bien, mais… ».

 

La Maison de la Culture du Japon à Paris, elle, a passé outre ses résistances en acceptant de recevoir du 12 au 14 juin prochain un colloque sur le thème : Penser / créer avec Fukushima ! Ce colloque organisé par Christian Doumet et Michaël Ferrier réunira différents intervenants français et japonais. Je participerai pour ma part à une table-ronde le vendredi (à l’Inalco) et une vingtaine de mes photographies seront exposées à la MCJ pendant une dizaine de jours avec un vernissage le samedi.

 

Paris-Pékin, les Français photographient la Chine 1844-2014, est une grosse exposition qui rassemble près de 200 photographies retraçant 170 années de présence photographique française en Chine. J’y présente dix photographies issues de Voyage au pays du Réel. L’exposition a été inaugurée le 11 avril dernier à Pékin au To Day Museum, et doit aller après à Canton, Kunming et Wuhan. Pour ma part, je suis invité au vernissage qui aura lieu à Shenzhen le 15 août. Cette exposition montée par Alain Sayag s’inscrit dans le cadre des commémorations du cinquantenaire de la reprise des relations diplomatiques franco-chinoises et dans le cadre du Festival Croisements 2014.

 Time Out Beijing

Présentation de l’exposition dans Time Out Beijing, avril 2014.

 

Du côté des résidences

En février, j’ai passé une douzaine de jours dans les Ardennes pour un projet avec le Musée de la Chasse et de la Nature à Paris. Il s’agit de la première phase d’un travail qui doit se poursuivre l’hiver prochain. Comme cela arrive souvent dans les résidences (et c’est là justement tout leur intérêt), la réalité du terrain m’a amené à reconsidérer le projet initial et à l’orienter vers une autre forme d’interrogation des lieux, qui, de fait, m’a permis d’établir un lien, une correspondance plus étroite que je ne le pensais, avec mon précédent opus dans les Ardennes, Mémoire blanche (quatre errances photographiques à travers les Ardennes sur les traces de Rimbaud).

A ce propos, le Musée de l’Ardenne qui possédait une partie de ce travail réalisé en 1992 vient d’acquérir l’intégralité de l’exposition originelle.

Pour en revenir à cette nouvelle résidence, la pluie diluvienne qui a assombri le ciel et détrempé les sols pendant plusieurs jours ne m’ont pas permis de faire beaucoup de photographies à la chambre 4×5, mais par contre, l’internet manquant et la solitude aidant, j’ai beaucoup écrit… Ce qui induit à terme un projet éditorial presque obligé…

Ardennes, février 2014 © Thierry Girard
Ardennes, février 2014 © Thierry Girard

Ardennes, février 2014 © Thierry GirardDans les Ardennes, février 2014 © Thierry Girard 

Je serai à partir du 20 mai en Biélorussie pour une résidence de deux semaines sur un vaste territoire “sauvage“, à savoir la réserve nationale de Berezinsky au nord-ouest de Minsk (la réserve est jumelée avec le Parc naturel régional des Vosges du Nord) : 3000 habitants, de grandes forêts, des tourbières, des ours, des bisons et la Berezina ! Sur une surface qui couvre la moitié d’un département français… Résidence oblige, pour l’instant je ne peux rien dire de ce qui s’y jouera vraiment. Débriefing assuré dans la prochaine newsletter…

Enfin, suite à mon invitation en Chine en août, je suis en train de monter un projet de résidence dans le Shandong autour d’une thématique de travail qui n’est pas encore totalement fixée. Mais les choses avancent…

 

Du côté des missions

Reprise de mes deux observatoires du paysage. En février, l’habituelle mission hivernale dans les Vosges du Nord (la quinzième campagne de prises de vue !). Je suis en train de préparer un long billet de mon blog qui sera consacré aux récentes moissons de cet OPP et qui sera mis en ligne prochainement. Rappel du précédent billet, ici.

Et en mars, au seuil du printemps, retour dans l’Aude pour débuter la seconde phase de reconductions sur cet observatoire commencé en 2011. J’avais déjà dans un billet précédent présenté une sélection des points de vue qui constituent la base de cet observatoire. Je lui consacrerai un billet plus conséquent cet automne à la fin de cette seconde campagne de reconductions.

OPP Aude © Thierry Girard 2014Les cabanes de l’Ayrolle à Gruissan, OPP de l’Aude, mars 2014 © Thierry Girard
OPP Aude © Thierry Girard 2014La cave viticole de Douzens, OPP de l’Aude, mars 2014  © Thierry Girard
OPP Aude © Thierry Girard 2014La cité du Viguier, Carcassonne, OPP de l’Aude, mars 2014 © Thierry Girard


Du côté des acquisitions

Outre la satisfaction de l’accord passé avec le musée de l’Ardenne et son conservateur Alain Tourneux pour intégrer de manière définitive dans ses collections la série Mémoire blanche, dont j’ai déjà parlé dans un billet précédent : Eloge de la lenteur.
J’ai eu également le grand plaisir d’avoir une nouvelle proposition d’acquisition de l’artothèque de la Rochelle pour les deux portraits de serveuses chinoises que j’y avais exposés à l’automne dernier. J’aime beaucoup ces deux portraits et je suis heureux qu’ils puissent être dans l’une des collections de la Ville de La Rochelle. Je rappelle que j’ai relaté l’histoire de ces deux portraits dans un billet récent de mon blog : Histoire de Wu Xingmin.

MB38©Thierry Girard copie

MB©ThierryGirard
Extraits de Mémoire Blanche © Thierry Girard 1992

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